Le jour et la nuit

Ce diptyque de plateaux est une représentation surréaliste du temps. Le premier écran dépeint une vallée entourée par une montagne, avant le lever du soleil. Au-dessus des nuages, le temps est arrêté pour un cavalier solitaire ébloui devant la beauté du paysage. Les cavaliers d’Eadweard Muybridge interprètent la cinétique : statique au sommet, marche sur la crête et accélération dans la vallée. Le cavalier dans la vallée accélère pour sauter par-dessus la montagne, un obstacle impossible à surpasser. S’il réussit, il entre dans un univers parallèle, celui des contes de fées, où les chevaux ont des ailes. Au bas de l’écran, sur les ondes de la rivière, on peut lire «  Vie sans mort et jeunesse sans vieillesse » . C’est un conte moderne écrit par Petre Ispirescu, qui démontre par l’absurd la fatalité de ce désir. La  rivière nous rappelle que le temps s’écoule dans une seule direction comme l’eau. Pour alléger cette réalité, le deuxième écran dépeint la nuit et le royaume des  rêves, où tout est possible. Il y a deux connections entre les deux écrans. Le nuage noir, personnifié par les cavaliers de la nuit dans le premier écran, fuit le jour dans l’écran juxtaposé et après un demi-tour, il revient dans le premier écran avant le lever du soleil, pour recommencer le cycle. Le royaume des rêves reflète le royaume des contes de fée du premier écran, où l’impossible de la réalité devient possible. La nuit a une importance équivalente et complémentaire au jour, ce qui justifie le choix d’un diptyque.

Le jour
La nuit
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